• Le carnet détox : rompre l'emprise des objets

    Après un état des lieux du désordre et  un premier rangement en triant objets fonctionnels et affectifs dans un mini espace, je vous propose d'essayer de transposer ce mécanisme à l'ensemble de la maison. La première étape de cette démarche consiste à refaire une visite complète du lieu de vie mais, cette fois, en pleine conscience de soi et du potentiel de bonheur de chaque pièce. Soyez attentif au manque d'harmonie ou à l'accumulation d'objets. Ceux-ci sont comme un bruit permanent : vous ne l'entendez plus mais il est là et constitue une pollution durable. L'esprit ne peut plus se reposer. 

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    Prendre conscience du désordre est essentiel mais ce n'est pas suffisant. Il est nécessaire d'aller à la rencontre de ces objets pour les "désacraliser" et pouvoir s'en débarrasser. Alexandra Viragh conseille de toucher chaque "objet virus" et de laisser parler son corps afin de "passer outre des fausses excuses construites par l'esprit pour les garder". Ce processus permettra d'évaluer la qualité de l'émotion produite en vous par celui-ci. Vous avez un doute sur l'efficacité de la méthode ? Faites ce petit exercice : choisissez un objet que vous aimez particulièrement, placez vous devant un miroir et tenez cet objet contre vous. Observez votre réaction, votre visage. Faites exactement la même chose avec un objet dont vous êtes certain de vouloir vous débarrasser. Après avoir fait ce test vous serez convaincu de l'importance du contact avec chaque objet. Ne gardez que les objets fonctionnels utiles, beaux et en parfait état ainsi que les objets affectifs ou imaginatifs qui éveillent en vous un élan positif. N'écoutez pas la petite voix qui murmure "au cas où" ! Croyez-moi : je n'ai jamais rien regretté de ce dont j'avais pu me débarrasser !     

    Il va, ensuite, falloir trouver une place définie aux objets que vous gardez. Interrogez-vous : où les mettrez-vous ? Seront-ils cachés ou continueront-ils à faire du "bruit" ? Quelle est leur histoire ? Que symbolisent-ils ? 

    L'attachement au passé

    Il y a de fortes chances pour que les objets dont ayez le plus de mal à vous débarrasser soient liés à votre passé. Ce n'est pas l'esthétique qui nous lie à ces objets mais le souvenir. Ils ravivent le passé que vous en ayez conscience ou pas. L'influence peut être négative même si les souvenirs rappellent des moments de joie. Et c'est là toute la difficulté de l'exercice :

    vivre dans un passé idéalisé empêche de profiter pleinement du présent

    Si les objets ont été hérités de personnes qui ne vous aimaient pas ou qui ont eu un vécu tragique, la charge est encore plus lourde. Ne laisser pas leur poids obstruer votre présent, tels des secrets de famille que l'on hérite d'une génération à l'autre. Libérez vous ! N'acceptez que des objets que vous auriez vous-mêmes choisis et provoquent en vous de la joie. Soyez vous ! 

    A titre personnel, après analyse, j'associe les personnes aux objets. Garder les objets qui m'ont été offerts, en tout cas par des personnes chères, est une évidence... Il y a risque de me laisser envahir. A mettre en place : déposer les objets que je n'aime pas et qui m'ont été offerts dans une caisse et la ranger hors de ma vue. Evaluer ensuite ma façon de vivre, sans eux. 

    Pour vous aider à commencer

    Commencez votre deuxième visite par l'entrée. Posez vous au milieu de la pièce et faites attention à chaque détail : les objets, l'éclairage, l'atmosphère générale. Imaginez votre entrée idéale et surimposez cette vision à ce que vous voyez. Surtout soyez rempli de bienveillance. Choisissez une pièce et disposez tous les objets qui la décorent sur votre tissu de rangement. Divisez les en 3 catégories correspondant à un type d'attachement : fonctionnel, affectif ou imaginatif. L'attachement imaginatif relève du fantasme, du rêve (J'aime cet objet car il éveille en moi un sentiment de merveilleux). Procédez comme pour le petit espace trié précédemment. Soyez rapide : écoutez votre première impression. Commencez par les objets fonctionnels en utilisant, éventuellement, les boîtes TRANSIT et EXIT.

    N'oubliez pas d'accompagner votre processus de tri en aérant les pièces. Vous pouvez également utiliser un mélange d'huiles essentielles afin d'aider à purifier, à protéger (géranium) et à dynamiser l'espace (menthe). La lavande aura un effet apaisant qui peut être salutaire dans ce genre d'entreprise. Personnellement, je me sens souvent "vidée" après une séance de tri. Alexandra Viragh conseille de ritualiser le départ de vos objets : regardez les objets dont vous vous débarrassez avec bienveillance, remerciez-les et dites leur au revoir. Personnellement, j'ai brûlé des vieilles lettres et des photos : effet libérateur garanti ! Vous pouvez également écrire à la personne qui vous a blessée en lui décrivant votre ressenti. Dans ce cas, utilisez votre carnet détox. Si vos objets de mémoire vous rappellent des événements négatifs, ne les donnez pas à d'autres membres de votre famille.  

    Prévoyez des espaces de rangement un peu plus grands que nécessaires. Cela vous permettra de ranger plus rapidement, d'avoir une vision d'ensemble de vos possessions et de trouver facilement de la place pour vos futures acquisitions. 

    Le Carnet Détox : Prochain Rendez-Vous

    La prochaine clé sera particulière pour moi car elle s'attachera au dressing... Sujet dont j'ai déjà longuement parlé. Nous verrons bien où nous emmène Alexandra Viragh. D'ici là, je vous souhaite d'être pleinement vous, en toute bienveillance ! 

  • Ce que j'ai appris...

    Je viens d'une famille où le gaspillage n'est pas une chose normale. Je viens d'une famille où tout le monde a eu, voire a toujours, cultivé ses propres légumes et ses fruits. Je me souviens des confitures de ma grand-mère et des bocaux de légumes stérilisés qui garnissaient les étagères de la cave à provisions. Nous n'achetions pas de plats préparés. Mes grands-parents buvaient l'eau du robinet (Et personne n'est mort... En tout cas pas de ça ^^). Mes parents font leur pain depuis des années. Leur congélateur est rempli de produits du jardin. Et je dirais que, dans ma famille, ça composte grave ^^ Tous ces geste sont des gestes de bon sens. Je crois que c'est important de le souligner et d'insister là-dessus. Mes parents sont des gens normaux, qui ont grandi dans les années d'après guerre (Je parle bien de la Deuxième guerre mondiale). La plupart des gens de leur génération ayant une maison avec un jardin appliquaient des principes identiques (En tout cas dans notre entourage...). Pour moi, c'est normal de trier ses déchets, d'avoir du compost, de cuisiner et de faire ses comptes. Comme c'est normal d'avoir une citerne d'eau de pluie, d'éteindre la lumière quand on sort d'une pièce et de ne pas laisser couler l'eau pendant qu'on se brosse les dents.

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    Vous vous demandez pourquoi je vous raconte tout ça ? Suis-je prise d'un soudain trip ego/conso/écolo ? Que nenni ! C'est juste que parfois, quand je lis certains billets ou certains conseils, j'ai l'impression qu'on (Pronom imbécile au possible) essaye de nous faire croire qu'on a soudain redécouvert la quadrature du cercle. J'ignore où le monde (Occidental) a perdu pied mais des conseils pour ne pas gaspiller, cuisiner les restes, consommer en fonction de ses besoins... sont juste des choses qu'appliquaient nos grands-parents et, souvent, nos parents (Je parle des gens de ma génération... la quarantaine, tout ça...). Ce n'est pas novateur de trier ses déchets, c'est du bon sens ! Alors oui, des expériences (parfois plus extrêmes) comme celle de Béa Johnson proposent des solutions alternatives de consommation et de vie. Mais même dans ce cas, je vous demande de faire preuve de bon sens : son expérience s'appuie sur des conseils qui souvent coulent de source, ceux-ci sont adaptés à une vie "à l'américaine" (La taille des logements, par exemple... Si tu vis à Paris dans un 20m², je vois mal comment tu pourrais encore réduire ton espace... C'est clairement plus simple dans une maison 5 chambres et 3 salles de bain...) et, enfin, (et là, vous sentez venir la critique bien acerbe), promouvoir une vie zéro déchet et faire exploser son empreinte carbone en tournées mondiales (A ce que je sache, elle n'y va pas à la nage à ses conférences...), c'est un poil antinomique. Attention, mon but n'est pas de casser de telles démarches. Elles ont le mérite d'exister et d'avoir mis en avant une façon de vivre qu'on avait un peu oubliée. Non. Ce que je veux dire c'est qu'il ne faut pas être dupe. Ni culpabiliser. Faites ce que vous pouvez. Soyez bienveillants envers vous-mêmes. Ne pensez pas que votre mode de vie est meilleur. N'essayez pas envers et contre tout de l'imposer. 

    Ce que j'ai appris c'est qu'à un moment, je me suis posée et je me suis interrogée sur le mode de vie et les valeurs que je voulais transmettre à ma fille. Je n'impose pas ma façon de voir à mes voisins... J'espère juste qu'ils trouvent ça chouette que notre famille de 3 personnes + un chat ne mette qu'un seul sac poubelle tous les 15 jours... Je le dis avec une pointe d'humour mais c'est ça aussi être dans une démarche bienveillante : montrer les résultats de ses actions plutôt que de vouloir les imposer par le verbe...