• So great[itude !]

    Il y a quelques jours mon amie Isa m'a demandé si je voulais bien participer à son projet gratitude dont elle parle essentiellement sur Instagram sous le hashtag #isapernotgratitude. J'ai immédiatement accepté. Isa est une femme que j"admire beaucoup. J'aime son blog et ce qu'elle transmet aux autres. Ce qui me marque le plus chez elle, c'est sa bienveillance lucide. 

    Je me suis demandé de quoi j'allais bien pouvoir parler. Je me suis rappelé qu'il m'était arrivé, jadis, ailleurs, de m'épancher dans des textes relativement courts. J'y relatais des expériences passées, souvent sombres ou tristes. Enfin, je suppose que c'est comme ça que mes billets étaient perçus au vu des commentaires qui m'étaient laissés à l'époque. Jadis, à l'époque... C'est que je suis née le siècle passé, moi, madame !

    Pourtant, je n'ai jamais perçu ces textes comme étant larmoyants. J'y partageais des moments parfois très difficiles, des pensées intimes. Il arrive que l'anonymat sur le net ait du bon. Je me rends compte, avec le recul, qu'ils pouvaient donner l'image de quelqu'un qui se plaint. Ce n'est pas le cas ! 

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    Je n'ai aucun regret par rapport à quelque événement que j'ai vécu. Autant il m'arrive de ruminer parfois souvent pour des queues de cerises, autant mon passé, aussi désagréable fut-il à certains moments ne constitue pas une source de ressassements stériles. J'estime, au contraire, que j'ai énormément de chance. Ces événements font partie de moi. Ils ont façonné ma personnalité et ont fait de moi la personne que je suis. Je suis intimement convaincue que si les plus beaux moments d'une vie sont si fabuleux, si appréciables, si merveilleux c'est grâce aux mauvais moments. Pour faire une comparaison un peu "noeud-noeud" : comment ne pas être complètement blasé quand on a tout ce qu'on veut, tout le temps, sans aucune attente ?  

    En attendant, j'avance donc pleine de gratitude envers cette vie qui est la mienne. Je sais que j'affronterais d'autres problèmes. Je sais aussi que, d'une façon ou d'une autre, je trouverai un moyen de les surmonter. Ce n'est pas de la naïveté, ni de l'optimisme débridé, ni même de la force. C'est simplement de la confiance. J'ai confiance en l'univers. Bien des fois par le passé, il m'a prouvé que tout allait bien se passer. 


     

  • Ce rôle que je ne jouerai pas

    Le week-end dernier, j'étais hyper énervée. Je suis allée chez mes parents et en les quittant, leur voisine a agressé ma maman. Elle avait un truc à dire, elle a été hyper agressive (en bloquant le passage) et insultante. Je suis repartie la boule au ventre. Et j'ai ruminé une bonne partie de la journée. J'avais même commencé un billet coup de gueule. C'était pas la semaine : j'ai aussi été amenée à vivre des situations que je ne souhaitais pas... Une personne qui s'acharne à me contacter alors que, clairement, il n'y aura pas de retour de ma part. D'autres qui sont dans un mode "commère et vieilles dentelles", nos propres voisins qui mettent leur musique à fond... Bref, les moments classiques que l'on passe avec des personnes toxiques ou en tout cas, que je perçois comme étant toxiques envers moi. 

    Je cogite beaucoup et, en plein trip, "je répondrai ci" et "je ferai ça", je me suis rendue compte que je n'avais aucune envie de répondre quoique ce soit. Tout au fond, ces situations me dérangent par leur teneur mais aussi par le rôle qu'elles m'amèneraient potentiellement à jouer. Un rôle dont je ne veux pas. Je ne sais pas si je suis claire mais, dans chaque cas, je n'avais rien demandé et les personnes auxquelles je fait référence ont "envahi" mon espace sans mon accord pour me déposer un truc dont je ne voulais pas. Et je l'ai pris. Mais je n'ai pas à le faire. Je veux dire : je peux choisir d'y penser ou décider que cela ne m'appartient pas. 

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    Evidemment, cela me replonge dans l'éternelle question de la bienveillance envers les autres, de l'image que je donne et de la personne que je suis. C'est toujours simple de dire qu'il ne faut pas se tracasser. Cela l'est moins d'éviter à la machine à ruminations de se mettre en branle. Pourtant, à côté de ces exemples précis, le week-end passé a été constellé de jolis moments : la douceur du soleil, des plaisanteries avec des inconnus, une nouvelle coupe de cheveux, un peu de shopping avec la poulette, un délicieux merveilleux caramel beurre salé, étendre le linge dehors, un premier épisode de The Crown, des perce-neiges...  Pourquoi un unique événement, somme toute assez anodin, est-il ainsi venu "nuire" à ma journée (Et, a contrario, être hyper bénéfique à mon transit et à mon futur ulcère ? Hein ? Pourquoi ? Vous avez 2 heures ^^). Peut-être parce que j'ai assisté à une scène que je juge comme une agression. Ou parce que la voisine s'en est prise à deux personnes qui comptent à mes yeux. Peut-être que cela réveille une vieille blessure, un sentiment d'injustice. Ou que je me suis laissée emporter par la situation, endossant un rôle. 

    Mais au fond, ce rôle, rien ne m'oblige à le jouer sinon mes propres appréhensions. 

    Entre la théorie et la pratique, il y a un monde. Un monde que j'aimerais arriver à franchir plus facilement parfois.