• Le plus beau jour de ma vie

    Souvent, je lis des témoignages évoquant l'accouchement comme étant le plus beau jour de la vie d'une femme... Mais fait pas être sectaire : ça marche aussi pour le mariage... Ou pour l'achat d'une pièce d'une collection capsule d'H&M... Enfin, bref, vous voyez l'idée. Je ne juge pas. Chacun son truc.

    Mais justement, en passant, puisqu'on en parle, ces jours-là ne sont définitivement pas les plus beaux jours de ma vie !

    Mon mariage d'abord. Oui, ma bonne dame, j'ai été mariée. Très brièvement. Avec un homme que j'aimais, qui était mon amoureux depuis 6 ans... Et que j'ai épousé pour de très mauvaises raisons. J'ai eu une belle robe, une cérémonie émouvante, on a bien mangé et c'était festif. Mais ce n'était PAS le plus beau de ma vie. Je me souviens de plein d'autres moments, avec lui, qui l'ont été. Sinon, le jour fatidique, ben... Euh... Ouais, quoi... C'était un mariage. Le mien, certes, mais ce n'était pas aussi intense que notre premier baiser 6 ans plus tôt, pas aussi intense que les semaines que nous passions loin l'un de l'autre, ni que nos premières vacances d'amoureux... à 25 ans, ces moments-là étaient les plus beaux de ma vie.

    Voilà. Je ne suis pas inhumaine, c'est mon ressenti. Rappelez-vous : je ne juge pas...

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    Mon accouchement ensuite. LE moment encensé par une foule de mamans en délire. Bon, alors entre mon mec qui se barrait (Ma vie EST trépidante), moi suppliant l'anesthésiste de revenir (Tout le monde allait pas se barrer, merde ^^) , le gyné vantant mon merveilleux placenta (Après), moi accrochée à une infirmière pour la péridurale (Avant), moi me baladant dans le parking de l'hosto pour que la poulette se décide à venir (Encore un peu plus avant), le lavement (Quoi, on ne vous l'a pas dit ? Accoucher c'est LE truc glamour ^^)... Et puis, la poulette qui était encore un bébé que je ne connaissais pas... Alors, non, je n'ai pas découvert le sens du mot amour quand ma fille est née. Je savais ce que c'était qu'aimer et être aimée et, dans la foulée, non, ce n'était pas non plus le plus beau moment de ma vie. Mes plus beaux moments avec ma fille, ils se sont construits par la suite, au fil d'un premier sourire, de câlins, de regards, de je t'aime. Ils s construisent chaque jour un peu plus. Ma fille, ma vie !

    Alors où est-ce que je veux en venir me demanderez-vous lecteurs fidèles ?

    Je vais être crue, je vais être brusque, je vais juger : je trouve que choisir LE plus beau moment de sa vie est une ineptie sans nom. Voilà, vous pouvez balancer les tomates pas mûres et les oeufs pourris ! Mon ressenti et moi-même (Je ne juge déjà plus, c'était bref), nous trouvons que la vie est succession de merdes et de beaux moments qui s'enchaînent, se croisent, s'annulent parfois, au gré des rencontres, des pertes... Et aussi en fonction aussi du chemin que nous choisissons de prendre.

    Aujourd'hui, à 41 ans (Mazette, 41 !!!), si je me retourne, je vois beaucoup de moments. Des moches, des beaux, des rudes, des doux. Certains plus moches et d'autres plus beaux mais je suis incapable de choisir quel est LE plus beau moment de ma vie. Elle en est pleine !

    Et je suis convaincue qu'il y en aura encore beaucoup d'autres.

  • L'audace

    Emeline du Blog  Si J’Osais nous a proposé de participer à un carnaval d’articles sur le thème de l’Audace. J'avais un peu lâché l'affaire mais grâce à l'excellent billet d'Ornella que je me suis décidée. C'est un texte qui pourra vous sembler étrange à le lueur de ce que j'écris habituellement. Il n'a aucune prétention sinon celle de me laisser imprégner de ce mot, audacieux, choisi pas Emeline. 

    L'audace de dire stop.

    L'audace de laisser monter les émotions.

    L'audace de se regarder dans un miroir

    Sans fards.

    L'audace de demander de l'aide,

    Et celle de l'accepter.

    L'audace qui brûle le bout des doigts, qui brûle les joues, qui brûle la tête... Qui fait prendre le clavier, plutôt que de hurler...

    Et puis aussi celle de décider de ne pas tout prendre. Ce n'est pas parce que quelqu'un propose de l'aide qu'il y a une obligation à l'accepter. L'audace, encore, de dire non. Pas à ce moment ou pas de cette façon. L'audace de laisser l'autre avec sa propre culpabilité. 

    L'audace de commencer à reprendre pied. Lentement. 

    L'audace de laisser l'abnégation derrière soi. Au moins un petit peu, un instant. 

    Et puis celle de choisir l'émergence de la beauté. Pure. Nue. Presque malsaine. Et l'assumer. 

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