• La colère

    Il y a quelques jours, j'ai croisé quelqu'un qui faisait partie de mon ancienne vie. Celle où je n'étais pas encore en Burn Out. Celle où je répondais invariablement que "j'allais toujours bien". Celle où je me souciais plus du bien-être des autres que du mien. Je n'ai pas éprouvé de rejet pour cette personne. Nous avons bavardé un peu. Elle s'est crue obligée de me parler de mon ancien boulot. Je ne sais pas trop pourquoi. Elle m'a posé des questions. Je crois qu'elle espérait un genre de "tuyau". J'ai été évasive. Deux fois. Elle n'aura qu'à se faire sa propre opinion. Je n'ai plus à intervenir dans cette histoire. 

    Cette personne voulait également savoir si mon nouveau job me plaisait parce qu'il "était très différent". Comme si on n'était fait que pour un seul type de travail. Un au-revoir, une bise qui claque et je suis partie. Nous sommes chacune retournées à nos occupations et à notre vie. C'était une rencontre fortuite. 

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    Il y a 1 an, je l'aurais moins bien vécu. Il y a 6 mois, j'aurais sans doute été mal à l'aise. Là, rien. Enfin, c'était ce que je pensais.

    Par après, je me suis sentie en colère. Je me suis dit que tous ces gens qui cherchaient une cause à mon Burn Out, qu'ils sachent ou non qu'il s'agissait bien d'un Burn Out, étaient incapables de se remettre eux-mêmes en question. "Ah, c'est donc à cause de tel ou tel truc ?" Sous-entendu, ce n'est pas moi. Vite, vite, dédouanons-nous de toute implication ! C'est idiot mais c'est ainsi que je le ressens.

    Alors aujourd'hui, j'ai envie de vous dire que "si, vous avez tous une part de responsabilité dans mon Burn Out, vous qui faisiez partie de mon ancienne vie". Peut-être que vous n'êtes pas d'accord, peut-être que vous vous en fichez, peut-être que vous estimez que ce n'est pas votre problème, peut-être que vous avez un peu honte... peut-être aussi que certains s'en réjouissent un peu ou beaucoup. Peut-être rien de tout ça. 

    N'empêche, il faudra vivre avec. 

    Moi, je regarde droit devant moi. Je sais ce que je vaux. Je sais ce que j'ai dit ou écrit. Et je l'assume pleinement. 

  • Pensées décousues sur la toile

    Au départ était l'envie. Puis, le besoin. Puis l'obligation. A partir de l'obligation, j'ai senti que quelque chose clochait. L'envie avait peu à peu disparu. 

    Je me souviens d'un entretien avec ma thérapeute où elle m'avait demandé quels étaient mes loisirs. J'étais incapable de répondre. En fait, si. Une seule réponse me venait spontanément à l'esprit : mon blog. Je ne sais pas pourquoi mais sur le moment cela m'avait paru un peu honteux, presque triste. Les semaines ont passé. J'ai remarqué que je passais un temps considérable sur la toile. Trop de temps. Ecrire, lire, commenter, partager. Il faut bien avouer que pendant de longs mois, la blogo a été ma seule fenêtre vers l'extérieur. Quasi ma seule vie sociale. J'y ajouterai mon ami R qui m'a soutenue et aidée peut-être plus qu'il ne s'en rend compte. Nous avons parlé des heures. Via messageries interposées. A part ma famille, je ne voyais plus personne ou alors à reculons. Soit. 

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    J'ai commencé à m'interroger sérieusement sur mes occupations, mes passions. Et il a bien fallu constater que le temps passé sur Internet était du temps durant lequel je ne lisais pas, je ne découvrais pas de super séries ou des chaines Youtube passionnantes, je ne faisais pas de relaxation, de yoga ou de méditation, je ne jouais pas avec ma fille, je ne partais à l'ascension du Mont-Blanc, je ne cuisinais pas, je ne jardin... Bref, vous avez compris l'idée. J'ai alors commencé à culpabiliser. Peut-être que, pendant que je bulle sur Hellocoton, je ne suis pas en train de découvrir le vaccin du cancer du sida de l'ongle du gros orteil gauche ? Imaginez la perte pour le monde médical... D'un autre côté, je ne faisais de mal à personne. Alors autant continuer d'autant que je n'étais pas très bonne en biologie... Mais qu'est-ce que ça m'apportait ? Est-ce que j'en retirais du bonheur ou une quelconque satisfaction ? Non. Je peux retourner le problème dans tous les sens : je me sens mieux après une séance intensive de tonte de pelouse au soleil qu'après 4 heures d'affilée sur mon ordinateur. 

    J'ai jeté du lest. D'abord, en lisant et en commentant moins les autres blogs. J'ai ensuite commencé à moins écrire. Puis, j'ai quasiment abandonné la plateforme qui a longtemps été mon référent bloguesque. Celle grâce à laquelle j'ai rencontré tant d'autres blogueuses sympas et talentueuses. J'avais l'impression de tourner en rond, de perdre mon temps. J'écris moins aussi. 

    Mais à côté de cela, j'ai retrouvé mes anciens loisirs, mes passions. Je fais de nouvelles choses. Je continue à être présente virtuellement ET réellement. Tout cela ne fait plus qu'un et ce un, c'est MOI !