• Burn Out : comment bien préparer sa reprise du travail

    La reprise du travail fait partie intégrante du processus de guérison du Burn Out. Il est essentiel de ne pas reprendre une vie active trop tôt. Il est également essentiel de la reprendre un jour. Bien entendu, certains pourront objecter que non, ce n'est pas une obligation. Et pourquoi pas si c'est possible, notamment financièrement. Je vais néanmoins partir du principe que, au moins pour des raisons financières, la reprise du travail doit avoir lieu un jour ou l'autre.

    Il existe différents indices indiquant que c'est le moment de reprendre une activité : 

    • Vous retrouvez de l'énergie, vous vous sentez moins fatigué, vous dormez mieux...
    • Votre humeur se stabilise, vous êtes capable de prendre du recul, de vous concentrer... 
    • Vous sentez que rester à la maison ne vous suffit plus. 

    Ces signes ne doivent pas être acquis à 100% pour reprendre le travail. Des difficultés de concentration ou de la fatigue, par exemple, peuvent subsister pendant de longs mois après la reprise. Je peux d'ailleurs en témoigner : j'ai repris le travail avec un mi-temps médical pendant 6 mois et j'étais toujours fatiguée. Actuellement, je travaille à nouveau à temps plein et, même si j'apprivoise ma fatigue, je suis bien moins en forme "qu'avant". Il faut vraiment du temps au corps pour se "remettre". 

    En outre, reprise ne signifie pas fin du travail thérapeutique. Il est important d'être accompagné et soutenu. Je pense que sans ma psy, je n'aurais pas été capable de faire tout ce chemin.

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    Derrière la reprise d'un job, il y a surtout une grande peur. La peur d'une rechute, celle de ne pas être capable de gérer. Parmi les personnes que je fréquente et qui sont malades, je ne connais personne qui ait repris sereinement le chemin du boulot. Mais, bonne nouvelle, je ne connais personne non plus qui regrette d'avoir recommencé à travailler !  

    En fonction de votre vécu, il est important d'être attentif à votre charge de travail, la définition de vos tâches, votre degré de contrôle de celles-ci, votre rémunération, la communication dans votre équipe... Ces points sont d'autant plus important si vous réintégrez votre ancien poste. Il est essentiel de mener une réflexion sur vos "tâches sur papier", votre travail réel et la manière dont vous le percevez. Cette réflexion vous aidera à mieux "négocier" votre reprise. Pour vous aider, identifiez clairement les éléments qui sont à l'origine de votre souffrance au travail. Personnellement, j'ai fait des listes : les causes structurelles, organisationnelles, personnelles aussi. J'ai pris note de mes besoins, des choses sur lesquelles je n'avais pas prise et celles que je pouvais changer. Tout cela peut paraître hyper abstrait ou fastidieux mais cela vaut vraiment la peine de s'y mettre tout en sachant que rien n'est gravé dans la pierre. C'est aussi une fois "sur place" qu'on peut vraiment savoir sur quoi on pourra ou non négocier. 

    Si vous envisagez de changer de poste ou de travail, il va falloir réfléchir sur quelques points :

    • Vos compétences et la manière de les valoriser. 
    • Votre Burn Out et la manière de l'intégrer dans un CV. 

    Ne vous découragez surtout pas. Quand j'ai entamé ma thérapie de groupe, je n'avais plus aucune confiance en moi et peu d'estime de moi. C'est au fur et à mesure des semaines que je me suis rendu compte que plein de choses m'intéressaient, que j'étais encore capable d'agir, que je n'étais pas uniquement en Burn Out. Le chemin est long et compliqué mais si j'y suis arrivée, je suis certaine que vous le pourrez aussi ! 

  • Les difficultés du candidat burnies

    J'ai déjà eu l'occasion maintes fois de m'exprimer sur le Burn Out et sur les nombreuses difficultés rencontrées par le malade. Sous un titre un peu "léger", j'avais envie d'évoquer la problématique de la prise en charge (Comment ça encore ?!?!). Un des principaux souci du Burn Out, c'est celui du diagnostic. "Tout le monde" en parle et mélange les concepts : Burn Out, Burn Out mixte, dépression, Bore Out... Ce n'est pas toujours simple de savoir exactement de quoi il s'agit. Par exemple, le malade peut souffrir d'un Burn Out ET d'une dépression plus ou moins sévère. Le tout nécessitant, idéalement, des soins adaptés. Par soins, j'entends une médication, une ou des thérapies, etc. Ces confusions ne sont pas l'apanage du "tout public" ou des médias. Il faut savoir que, même les professionnels de la santé, peuvent ne pas "croire" au Burn Out. Le Burn Out serait un peu comme le père Noël, Saint Nicolas et le grand méchant Grinch. 

    [Je fais ici un aparté : mes propos sont volontairement exagérés. Il m'arrive de noircir le trait. Je ne suis pas une pro de la santé, juste une humble future ex-burnies... Quoi que, je me demande si on ne reste pas burnies toute sa vie, un peu comme pour l'alcoolisme. Le Burn Out ne serait-il pas une sorte d'addiction au travail, au perfectionnisme, au contrôle... Bref, je ne suis pas en train de dire que les pros de la santé ne sont pas pros. Loin de là. Mais comme dans tous les domaines, il existe des spécialités. Le Burn Out n'est tout simplement pas la spécialité de chacun. Quant à l'anecdote sur le fait de croire ou pas, elle est véridique ! Alors que des tests existent pour déterminer si une personne souffre effectivement d'un syndrome d'épuisement professionnel.  Moi-même, je m'intéressais très peu au sujet avant d'y être confrontée. Je ferme la parenthèse, revenons à nos moutons. ]

    En outre, il y a une méconnaissance des structures d'aide et ça, y compris par les professionnels de la santé. Je ne nie en rien le fantastique travail des médecins généralistes et des psychologues/chiatres. Mais je ne peux que constater l'ignorance de certains d'entre eux qui, du coup, n'aiguillent pas directement la personne malade vers un traitement adapté. Dans mon cas, c'est l'amie d'une amie qui m'a permis d'entrer dans la thérapie qui m'a sauvée. Vous allez me dire que j'aurais pu me renseigner par moi-même. Oui, petit Padawan, j'aurais pu... Si je n'avais pas été une véritable loque, accrochée désespérément à un plaid et incapable d'action. Glamour, un jour... 

    Le monde du travail est lui-même démuni face à la problématique. A la fois juge et partie dans un processus qui, je veux bien le croire, le dépasse. [J'ouvre ici une deuxième parenthèse pour mettre les choses au point sur la responsabilité de l'employeur dans les cas de Burn Out. Mon avis est que ce dernier peut être responsable de la souffrance du travailleur mais l'accuser, lui seul, dans tous les cas me semble être un leurre. Parler de "l'employeur", c'est rester dans l'abstrait. Ce qui est concret c'est la hiérarchie d'une part et, de l'autre, les collègues, le contexte de travail. A force de multiplier les responsabilités, on les diluent et on peut en arriver à ce que personne ne se sente réellement concerné. Fin de la parenthèse] L'employeur, le service, les collègues, la médecine du travail... peuvent avoir des difficultés à se remettre en question. Comment accepter sa part de responsabilité là-dedans ? N'est-ce pas plus simple d'accuser le malade si pas de tous les maux (la guerre en Syrie, la famine au Yémen, l'absence de Twix au rayon biscuits du Carrefour...) au moins d'en "profiter".  Je l'ai déjà dit dans un autre billet mais une jambe cassée cela se voit, une maladie mentale beaucoup moins. 

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    Conséquence de tout cela ? Bien souvent le burnies se retrouve seul et démuni (Un peu comme la cigale...). Que faire ? Ne pas hésiter à aborder directement la question avec son médecin généraliste ou son psychothérapeute. Prendre contact avec le service psychiatrique d'un hôpital pour avoir de plus amples renseignements sur un médecin spécialiste de l'épuisement professionnel. N'ayez ni peur, ni honte. Le Burn Out est une maladie et nécessite un traitement adéquat. En en parlant sans tabou, peut-être qu'elle sera unanimement reconnue comme telle.